EXPOSITIONS MAC’s Grand Hornu

  • Ça ne s’invente pas, ça vient d’ailleurs

La science-fiction n’a pas produit que des romans, des films, des magazines illustrés ou des bandes-dessinées. Dès son développement au vingtième siècle, elle a nourri ou engendré indirectement des œuvres dans les beaux-arts. Des plasticiens ont vu, en effet, dans la S.F. des sujets ambitieux, en prise avec un monde élargi par les savoirs et augmenté des technologies, au point de nous apparaître surréel, mieux hyperréel. Aujourd’hui, la réalité objective est la principale source de nos étonnements et de nos inquiétudes. D’où ce constat, à travers la science-fiction, que le monde est loin d’être désenchanté. Un merveilleux scientifique s’y est produit avec son catalogue de figures mythiques et d’objets magiques: hier, la bonne fée de l’électricité, aujourd’hui la pomme croquée de l’informatique1. Dernier avatar du surnaturel, la S.F. montre ce que sont à la fois les faits et les fées2 de l’univers technoscientifique où nous rêvons désormais éveillés. Les grands récits, les espaces infinis, les profondes évolutions et révolutions qui constituent le cadre maximaliste3 de la science-fiction ont séduit nombre d’artistes qui désiraient dépasser les enjeux esthétiques et les sujets intimistes de l’art pour ouvrir celui-ci à l’histoire du genre humain et de la planète. C’est pourquoi une exposition des liens entre beaux-arts et science-fiction passe par des courants artistiques et des mouvements culturels qui varient suivant les modes et les époques : le curieux y trouvera, par exemple, aussi bien des artistes modernes qui spéculèrent sur des concepts scientifiques comme la quatrième dimension, que des artistes contemporains qui revisitèrent des mythes populaires comme Superman. 

 

  • Space Oddity -Design Fiction

En 1969, le single de David Bowie Space Oddity le propulse au sommet des hit-parades (numéro 5 au Royaume-Uni, puis numéro 1 lors de sa réédition en 1975). Dans sa musique, ses paroles, mais aussi dans l’atmosphère du premier clip vidéo de 1969, la chanson porte l’empreinte d’une époque abasourdie par les premières expéditions de l’homme dans l’espace, les premiers pas sur la Lune, l’évolution des sciences, des techniques et des formes. Sorti en 1968, un an avant la mission Apollo 11, le film de Kubrick 2001 a Space Odyssey a marqué Bowie qui aurait assisté à de nombreuses projections sous l’emprise de drogues. D’autres films cultes de l’époque – Alphaville (1965) de Godard, La Planète des Singes (1968) de Franklin J. Schaffner, THX1138 (1971) de George Lucas – projettent l’humain dans l’espace, le futur et dans d’autres univers fantasmagoriques. Les décors et accessoires, souvent objets de vulgarisation de la recherche aéronautique, imprègnent l’esthétique des années 60 et 70. Plus globalement, l’espace, qui se livre au fil de son exploration, inspire les architectes, designers et autres créateurs. Les formes capsulaires, les matières synthétiques déterminent également les objets de consommation, y compris la haute couture et le prêt-à-porter. Aujourd’hui encore, la danse des planètes, les phénomènes aériens, les univers inexplorés et les aliens ne laissent de fasciner notre imaginaire collectif. Le parcours de cette première partie de l’exposition se trace comme une déambulation dans une ambiance qui exprime la fascination de l’homme pour ces « bizarreries » de l’espace.

Un second volet explore les rapports entre l’humain et la science à travers des œuvres d’architectes, designers ou entreprises. Aujourd’hui, le progrès scientifique définit de nouvelles réalités qui dépassent la fiction. Quels rôles l’imagination, la fantaisie jouent-ils encore dans la conception de projets tournés vers le futur ? Quelles relations l’humain, avec ses peurs et ses fantasmes, noue-t-il avec la technologie, la science, l’objet ? L’étonnante réalité scientifique, les formidables outils et technologies dont nous disposons à l’heure actuelle permettent-ils encore de rêver le futur, l’ailleurs ?

Avec e.a. des pièces de : Eero Aarnio, Artesani-Costariol-De Wachter, Maarten Baas, Nacho Carbonel, Pierre Cardin, Hussein Chalayan, André Courrèges, Nathalie Dewez, Konstantin Gcric, Zaha Hadid, Patrick Jouin, LAb(au), Verner Panton, Tuur Van Balen, Walter Van Beirendonck, Vibskov & Emenius, Marius Wadz…

Tarifs réduits Pass Fantastic : 4€